La lettre du mois

Juillet : Prise de la pastille et pilules qui ne passent plus.

  JUIN a vu son lot d'affaires et rebondissements. Les journalistes les débusquent à un rythme effréné,comme le gai chasseur au printemps son gibier fraîchement dispersé. Les commentateurs en font leur beurre et leurs feuilles de choux gras. A chacun son métier, je ne vais pas ajouter un écho supplémentaire à ce que l'on entend en boucle, même s'il faut reconnaître à ces boucles leur remarquable abondance, telles une chevelure de jeunesse à la productivité et la vigueur admirables.

  On regrettera simplement un manque de variété dont on ne sait plus s'il est la marque de la paresse et de la médiocrité, ou du simple confort lâche de chanter en chœur les cantiques du parti unique dans l'espoir d'une récompense. Car on le sait bien, l'humain indocile est nourri au bâton et pain sec, l'humain servile à la caresse et la croquette de marque.

  Pour juillet, le programme prévu par les multinationales et leurs porte-voix - gouvernement, commissions et autres institutions vénérables - est copieux ; nous sommes gâtés.

  Bientôt prescrit par voie orale de loi d'ordonnance - faute d'avoir pu faire taire le « Prof » avec des études bidons, des journalistes opiniâtres et des médecins triés sur le CV (Conflit de Valeur) - il va falloir prendre son Remdesevir, qu'on le veuille ou non ! Et cette fois, pas de référendum.

  Pour vous distraire, les festivals étant annulés et si vous n'avez pas d'invitation pour Le Festival de l'été, Cannes – un rescapé à hauteur de 5 millions d'euros d'aide publique – privilégiez la guitare acoustique - à domicile bien entendu - ou mieux, des divertissements sur écran, plus tendance.

  Vous pourrez fêter la Révolution Française en allant observer les défilés de soldats qui garantissent la sécurité de nos approvisionnements en Afrique, applaudir les personnels de santé qui défileront à 15h, avant la remise des médailles en chocolat à 16h sous l'œil bienveillant du Président élu par quelques français avisés. La fête sera clôturée par le traditionnel feu d'artifice, symbole de la démocratie commerciale et festive qui garantit le bonheur des peuples. Covid oblige, il sera retransmis dans les pavillons, appartements et HLM par l'ORTF à partir de 22H.

  A moins que.

  A moins que, à l'image de Médiapart, du Média, du Conseil constitutionnel, des collectifs de médecins, de la Quadrature du Net et de la CNIL, des magistrats, policiers et agents secrets repentis qui balancent, des Gilets Jaunes, Blouses Blanches et T-Shirts Noirs, des zadistes et Extinction-Rebellionistes, du CNNR et des Convergents, des Infiltrés et des Deep Green Résistants, des listes citoyennes et de lutte des municipales, des licenciés et entrepreneurs ruinés en colère, des banlieusards du festin...à moins donc que vous ayez finalement d'autres projets que ceux que l'on a écrit pour vous.

  Que la Marseillaise vous inspire de nouvelles adaptations en direct, sans majorettes ni joueurs de football cœur sur la main.

  Que vous ayez comme une envie d'émancipation, de nouveauté, de changer de programme et jouer les troubles-fêtes au grand bal des gras menteurs.

  Je vous y verrai avec plaisir, sans lieu ni horaire de rendez-vous. Partout et à chaque seconde.

  Le « monde d'après » n'est pas qu'un concept ou un simple catalogue de mesures ; c'est bien plus :

  C'est un bouleversement de nos institutions, de nos habitudes et certitudes officiellement périmées.

  Une révolution totale qui a déjà commencé et se poursuit chaque jour avec et grâce à vous.

 

Juin, sens-tu venir « l'appel »?

 

Le mois de mai aura contribué à éclaircir certains points et en soulever de nouveaux. Bilan du programme :

Les mouvements sociaux s'amplifient et le monde des soignants, ultra-sollicités pendant cette crise après avoir été longtemps méprisés dans leurs appels à l'aide, est gonflé à bloc. Je me suis inscrit à Bas les Masques, leur point de ralliement sur Face Book, pour suivre le mouvement et y publier de courtes analyses ou des appels à actions (#adopte un député par exemple).

J'y suis bien accueilli, comme sur la plupart des pages de mouvements citoyens, et sens une énergie et une intelligence que je n'ai en revanche pas vraiment trouvée sur la page officielle des Gilets Jaunes, que j'ai désertée . Mes contributions n'y ont jamais été publiées, et de petits fachos me tombaient dessus dans les commentaires. En vérité, je l'ai bien cherché, en dézinguant Soral ou Dieudonné, par exemple, afin de prendre la température de ce mouvement . Le résultat : 2 à 3 enragés bien vulgaires et agressifs pour 7 à 8 citoyens responsables et courtois.

C'est, je pense, la juste représentation de ce mouvement, que j'avais tenté d'alerter (Espic, QG, articles...) sur le tri à y opérer afin de rester crédible et d'en éloigner les extrémistes violents anti-homo-juif-arabe-femme (au choix ou tout ensemble!). Mais si ces personnes sont minoritaires, ils sont en revanche mieux organisés que la plupart des manifestants néophytes et semblent avoir réussi à noyauter le mouvement, notamment dans des places de direction. D'où, peut-être, mais nous allons voir que cette maladie est assez commune, le silence que j'ai obtenu en retour et l'essoufflement de ce mouvement.

Mon sentiment ? Les nombreux Gilets Jaunes qui ne partagent pas ces idéologies douteuses feraient peut-être mieux de rejoindre le mouvement des personnels de santé, plus sain et potentiellement capable d'une lutte bien organisée (expérience syndicale) et fédératrice (bonne image auprès des français et proximité avec les enseignants).

Même si le chemin s'annonce encore long pour aboutir à un programme définitif, nul doute que ce mouvement sera un pilier important et conforme à notre projet : des professionnels capables de définir eux-mêmes leurs besoins et leur organisation.

Côté appels et tribunes, des clones du programme ont, avec les beaux jours, fleuri en larges tapis multicolores sur la capitale et sa presse à destination des gueux : car c'est là-bas que résident les neurones et les lanternes de la France, c'est bien connu !!

Je me suis permis de signaler à Résistance climatique ses contradictions (voir l'article ici) et sa morale condescendante, contre-productive. Sans retour, bien entendu.

Pour les autres, je me suis contenté de lever les yeux au ciel en lisant la liste de leurs signataires, des politiciens en mal d'audience pour la plupart, des associations et des syndicats devenus un peu trop familiers des pouvoirs en place ou des starlettes et comédiens parfois sincères mais qui peuvent difficilement représenter la population ou lui donner des conseils, avec leur mode de vie souvent outrancier. On verra bien jusqu'à quel point les uns et les autres sont disposés à participer financièrement et à laisser la place sur les tréteaux à ceux qui ne profitent jamais du micro et des projecteurs...

Par contre pour l'initiative du Conseil National de la Nouvelle Résistance, dont j'attendais quelque chose (je n'écris qu'à ceux en qui j'ai encore espoir), là j'ai repris du stylo ! Au-delà de la récupération de ce symbole, peut-être honnête dans l'hommage mais assurément hors-contexte et un brin mégalo (qui parmi eux a du éviter les balles et vivre la clandestinité pendant des années?), restent en effet les questions de fond.

Les jours heureux ? Gageons que si un changement radical est nécessaire les jours resteront un peu sombres, même si l'on y met de la joie, du courage et du coeur : le changement climatique, l'extinction des espèces, la crise économique, les prochains virus, les tentations autoritaires et paranoïaques, les tensions internationales laissent présager bien des luttes et des victimes, au moins à moyen terme, car ils sont déjà enclenchés de manière irréversible...

Quand au rassemblement auquel il aspire, ce mouvement inspiré du CNR, né de la Deuxième Guerre, entend lui aussi fédérer et agréger des forces syndicales et des partis.

Personnellement, vous l'aurez compris, je n'y tiens pas.

Car si beaucoup de militants, d'encartés et certains cadres de la gauche politique et syndicale sont assurément fréquentables à titre individuel, leurs structures pyramidales et leurs leaders hégémoniques ont déjà prouvé leur nuisance et leur incapacité à traduire les aspirations de la base. On doit y ajouter un fonctionnement reposant sur la compétition, le calcul, les petits arrangements, à l'image du système auquel ils prétendent s'opposer en le singeant ou en se compromettant avec lui.

Plus précisément, dans cette affaire, c'est l'ombre de la France Insoumise et de son chef qui se voit gros comme une République qui semblent s'agiter dans les coulisses de ce mouvement.

L'absence de François Ruffin à l'affiche, alors que c'est précisément son discours qui sert de bande-annonce, devrait nous mettre la puce à l'oreille, tout comme le fait que Le Média, dont Denis Robert est devenu le rédacteur en chef, originellement vitrine de LFI, lui reste profondément lié. Un fond commun à celui défendu par le programme, mais dont l'échec électoral est garanti sinon souhaitable.

Flash-info : Ruffin est sorti du bois pendant la correction de cet article, annonçant qu'il n'excluait pas (une formule bien galante) de se présenter ! Je pourrai peut-être devenir prévisionniste politique, mais il faudra que j'écrive plus vite. Et je me suis trompé sur un point, J.L Mélenchon n'était pas du voyage, il s'est fait doubler ! Une bonne nouvelle dont on ne sait si elle le restera longtemps...

D'ores et déjà D.Robert, porte-parole de ce mouvement qui inclut deux authentiques résistants, s'est fait tirer un peu les oreilles par un autre d'entre-eux, Pierre Charret, qui pointe l'audace de la comparaison nominative et appelle à un rassemblement avec l'Appel des 150, emmené par... R. Glücksmann (ramasseur de miettes socialistes) et Y. Jadot (leader d'EELV)... Denis faisait un peu la gueule... et je compatis! De pareils associés - un calculateur professionnel et un pro-Europe à la tête d'un mouvement qui ne connaît que fifre à l'écologie et abrite un ramassis hétéroclite d'opportunistes - merci pour le conseil ! Mais tel est pris qui croyait prendre en appelant à un rassemblement des « forces politiques ».

Sans trop de surprise, toujours pas de réponse, comme avant même la naissance de ce site où j'avais contacté les mêmes D.Robert et F.Ruffin pour leur exposer le projet du programme. Le premier m'avait cependant répondu indirectement en énumérant dans une vidéo les sortes d'auteurs de mails indésirables qu'il pouvait recevoir : je pensais pouvoir me classer dans la catégorie des « fadas » ou des « donneurs de leçons », sans parvenir à trancher.

Pourtant la stratégie semble les avoir séduit lorsqu'elle a été enfin formulée par leurs propres bouches. Peut-être avait-elle acquis entre-temps cette saveur particulière que leur confère les grands auteurs, et surtout ce plaisir essentiel d'être le créateur original de grandes idées.

Le prochain à contacter sera sûrement Gérard Jugnot, pour lui soumettre le scénario autobiographique de Plouc toujours !

Car il est symptomatique de voir que l'essentiel de mes prises de contact se soldent par le non-retour, ou éventuellement par des remerciements, tant que l'on en reste à des flatteries.

Tous ces grands démocrates auraient-ils une exigence littéraire en ce qui concerne les idées populaires ? Ou bien souhaitent-ils simplement garder leur pré-carré de rebelles et critiques professionnels, incarner finalement la partie « opposition officielle » d'un système officiel ?

Leurs travaux et leur carrière, aussi respectables soient-ils, les autorisent-ils au monopole des idées et de l'expression publique ? Serions-nous juste bons à alimenter leurs tribunes, celui-ci éborgné, l'autre à la rue ou en grève ? A nous faire piller par leurs chasseurs d'infos, assistants laborieux râtisseurs d'internet et de presse ?

Une député insoumise, Caroline Fiat, s'était émue du traitement de ses interventions à l'assemblée en début de crise du Covid : elle avait pour elle d'être simple aide-soignante et de sexe faible, des handicaps certains pour être entendue dans un cénacle machiste où l'on ne respecte que les puissants, poilus de préférence. Le terrain nous apprend pourtant autant sinon plus que la « science ».

Seraient-ils finalement aussi méprisants, imbus d'eux-mêmes et de leurs privilèges, de leur position, que leurs négatifs dominants, ces alter-people, ne tolérant que les fans, les assistants ou les apprentis serviles , ne donnant du messieurs-dames qu'à leurs homologues dûment reconnus par les médias et la titraille honorifique?

Resteront-ils derrière l'écran, derrière les livres et journaux, sans daigner descendre dans l'arène ?

Nous découvrirons bientôt qui est qui, n'en doutons pas.

Bas les Masques !, comme le scandent les soignants.

Car si nous ne sommes fatigués de déléguer le pouvoir à des racailles, pourquoi irions-nous déléguer la révolution à des Parisiens rebelles professionnels installés ?

Alors que chacun prenne ses responsabilités, car s'ils savent nous rappeler qu'on accède pas comme cela à leur monde, nous saurons leur rappeler qu'on accède pas comme cela au statut populaire.

Démocrate

Spéciale dédicace aux jeunes de Partager c'est Sympa, toujours attentifs à un dialogue, même succinct.

 

MAI (le joli mois de)

Je le disais en avril et le répète en introduction :  de ce confinement, de ces privations et de ces scandales, sortons plus forts pour les batailles qui se préparent.

Si une crise sanitaire nous rappelle que nous sommes tous individuellement mortels,

les crises sociales, écologiques et financières doivent surtout nous rappeller

que la démocratie et le genre humain sont mortels eux aussi...

   Les RG s'inquiètent déjà de "l'ouverture des portes" et des tensions qui s'annoncent, relayées sur les réseaux sociaux. Si la colère anime désormais la majorité des citoyens, confrontés aux absurdités, aux injustices et aux humiliations de ce gouvernement, je suis absolument certain que la violence n'amènera pas grand chose si ce n'est à légitimer une répression pire encore que celle qu'ont vécu les mouvements sociaux d'avant Covid (an 1 av. C).

  Chacun peut avoir son opinion sur le sujet, mais dans un mouvement social de cette ampleur les gestes de chacun impliquent le groupe tout entier. Il serait dommage que pour quelques groupes de culture guerrière, la mobilisation du plus grand nombre soit compromise. La guérilla doit se trouver d'autres fronts que ceux où l'on retrouvera des civils qui n'ont ni l'envie ni la préparation militaire pour se retrouver coincé dans des émeutes. Que la rue soit à la masse et les affrontements provoqués sur d'autres théâtres. A chacun ses méthodes, à chacun son terrain.

  Le territoire judiciaire devrait être lui aussi animé, les plaintes des soignants s'empilant sur le bureau des avocats...

  Quant à celui du politico-médiatique, il ne sera pas en reste, qui est déjà en ébullition. Pourtant, je le constate, il existe de puissants freins potentiels à même de gâcher les occasions de tir groupé ou d'encerclement systématique qui nous mèneraient à la victoire tant souhaitée. De mes prises de contact avec les médias, les intellectuels, je reçois au mieux quelques réponses polies, le plus souvent un silence absolu, en retour de mes invitations au dialogue.

  Et je dois avouer que tout ce tapage médiatique d'un côté et ce mutisme dans les coulisses me laisse perplexe, m'inflige des doutes et des grincements à la hauteur de mes espérances.

  Alors quoi ? Est-ce de la méfiance, de la défiance ou la manifestation d'égos souhaitant conserver leurs prés-carrés de la parole contestataire?

  Bien sûr, on est en droit de prendre ses précautions tant il existe d'infiltrés, de manipulateurs ou d'illuminés en tous genres. Et après ?

  Va-t-on une fois de plus assister à la marchandisation de la révolte par certains journalistes, youtubeurs, écrivains, ou figures politiques...?

  Dénoncer, être un  politique "d'opposition", gloser sur la sortie de l'Euro ou sur l'évasion fiscale, serait-ce un métier plutôt qu'un sacerdoce ?

  Et parler au nom du peuple, raconter ses misères ou ses spoliations, est-ce suffisant pour parler de "démocratie citoyenne", de journalisme engagé ?

  Je ne souhaite pas trancher, mais je m'interroge sérieusement. Notre objectif devrait être 2022, pas le 20 heures.

  Si le néo-libéralisme nous a plongé dans un abîme, les figures de gauche pourraient avoir l'honnêteté , comme on peut l'entendre reconnaître au NPA, de faire leur propre bilan: quasi-aucune bataille de remportée depuis 50 ans. Ainsi du corps social, avec ses luttes de corporations, aujourd'hui atomisé. Quand la soupe est mauvaise, on doit changer la recette.

  Alors que des victoires historiques semblent aujourd'hui à portée de bras, allons-nous assister à une simple récupération d'audience de fans-clubs dispersés ?  Nous contenterons-nous de parler du monde tel qu'il est et tel que nous l'aimerions sans sauter à pieds-joints dans le réel et en reprendre effectivement le contrôle ? Un tel refus de confiance, de compromis et d'ouverture nous mènerait assurément à un monde encore plus recroquevillé sur lui-même, et où notre trop longue déjà culture de la défaite se hisserait au rang de religion finale. Ne laissons personne s'y résoudre qui entâcherait l'espoir des autres. Nous avons besoin de foi, de force et d'enthousiasme. Nous avons besoin d'unions, de solidarités, de mises en cohérences et en synergies pour atteindre la taille critique et l'organisation méthodique nécessaires à un réel changement de système satisfaisant pour chacun.

  Un anarchiste n'y accomplirait pas tous ses rêves mais obtiendrait une société plus libre, plus juste.

  Un communiste ne verrait pas l'avènement de la dictature ouvrière mais obtiendrait un bien meilleur équilibre social et une limitation du capital par des règles strictes et des intérêts décents.

  Un Le Peniste croiserait toujours d'autres couleurs dans les rues, mais constaterait rapidement que criminalité et insécurité peuvent s'évanouir lorsqu'on offre emplois, formations, culture et lieux de vie agréables aux populations les moins favorisées. Il serait soulagé de voir que la France a retrouvé sa souveraineté monétaire, économique et normative.

  Il découvrirait également, avec ses collègues de droite que la plupart des "assistés" ont surtout assisté à la pénurie d'emploi, à la chasse gardée des postes d'intérêt par des castes et des familles, et que pour peu qu'on fasse basculer le bénévolat en temps de travail valorisé, qu'on crée des emplois dans une agriculture de qualité, une éco-construction à échelle humaine, une vie culturelle dense et riche, il ne resterait plus grand monde pour se croiser les bras.

  Les chrétiens seraient heureux de constater que désormais l'accès des plus jeunes à la pornographie et la violence via les écrans est devenu quasi-impossible. Que la société peut accueillir ce qu'ils ont de pertinent à offrir pourvu qu'ils ne prétendent pas régenter les citoyens.

  Les entreprenants verraient d'un oeil pétillant la création d'un marché national qui se passe de google, microsoft, amazon et consorts, qui encourage les innovations utiles et efficaces.

  Un socialiste redécouvrirait les vertus du socialisme, un système qui sait redistribuer les richesses plus équitablement, protéger celui qui se retrouve en faiblesse avec les moyens de la solidarité des plus favorisés.

  Un écologiste ne pourrait que se féliciter de voir que l'argent qui alimente habituellement les seuls labos aille désormais en masse vers la recherche de méthodes naturelles, l'étude et l'évaluation de méthodes "non conventionnelles", la reconnaissance de l'herboristerie et la multiplication de leurs fournisseurs, producteurs et cueilleurs; que l'argent consacré aux armes et à la surveillance généralisée soit disponible pour des chantiers de dépollution des sols, de l'air et des eaux, de reboisement, de paysagisme.

  Un insoumis devrait renoncer à admirer l'hologramme de monsieur Mélenchon au sommet de la pyramide du Louvre ainsi qu'à la conquête de l'espace, mais il aurait l'assurance qu'une gouvernance collective, des mécanismes de démocratie à tous les échelons et l'essentiel de son projet programmatique, l'avenir en commun, seront effectivement mis en oeuvre.

  Un anti-spéciste n'obtiendrait pas le mariage inter-espèces, mais au moins la souffrance animale serait-elle reconnue et objet de lois et la vie sauvage protégée.

  Les vegans ne convertiraient pas le monde entier mais le végétarisme serait développé et la consommation animale limitée à celle à laquelle un élevage de qualité, à taille humaine peut pourvoir.

  Les libéraux retrouveraient le temps de nettoyer leur piscine et entretenir leurs jardins, au lieu d'écrire des ouvrages sur la dette, une fois l'optimisation et l'évasion fisacale bannie. Et ils pourraient alimenter leurs foyers avec leurs manuels d'économie, une fois les crises financières rendues impossibles par l'interdiction de spéculer. Ils retrouveraient un sens à leur vie, plus positif.

  Jean Lassalle pourrait rester à la ferme pour nous y faire goûter de son bon fromage et nous régaler de quelques formules de bon sens paysan.

  Jacques Cheminade et ses copains pourraient peut-être même un jour profiter d'un lancement vers Mars pour y faire un tour, voire s'y installer ?

  Les gens pourraient enfin faire leur boulot sans qu'on les emm... sans arrêt avec des réformes, des normes, des politiques de productivité/austérité et des consignes contradictoires à rendre fou n'importe quel animal.

  La justice serait justice égale pour tous pénalement et proportionnelle au niveau des sanctions financières et amendes. Finis les tribunaux engorgés pendant 2 ans par Cahuzac pour du sursis.

  La corruption serait traquée et sévèrement punie. Que d'économies et de paix sociale !

  La démocratie existerait enfin pour que les budgets et réalisations ne soient plus présentés comme des faits accomplis mais comme des espaces ouverts à la réfléxion, l'information et la capacité de vote.

On ne pourrait plus dire « c'est dommage qu'il n'y ait pas la volonté politique » ou « les élus c'est tous des glands », puisque désormais nous serions tous co-responsables.

  Cette liste - non exhaustive - prouve bien que nous avons tout à gagner à, tout simplement, troquer nos utopies ou nos apathies pour un simple progrès sur l'échelle du bon sens.

  Alors, qu'est-ce qu'on attend ?!

 

 

 

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