Le monde en copyright ?

  • Le 20/04/2020
  • Dans A chaud
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Starlink : La privatisation du ciel décomplexée.

  Les français découvrent depuis quelques mois, comme les autres citoyens du monde, d'étranges guirlandes d'étoiles qui traversent le ciel. Impressionnés, ils diffusent leurs photos, leurs témoignages. Ils sont désormais heureux d'apprendre qu'il s'agit des 60 premiers engins mis en service du projet Starlink, marque déposée.

Starlink

 Une des images capturées ces derniers mois par un vidéaste amateur français.

 

  Space X, une société du milliardaire Elon Musk, s'est engagée depuis 2015 dans un programme de couverture satellite basse altitude. Le projet débute à pas feutrés, sur terre, dans des hangars privés, et dans les bureaux de la FCC (organisme indépendant - de notre bonne volonté et de celle des États - créé par le congrès américain pour gérer les télécommunications) et de l'UIT (Union Internationale des Télécommunications), agence de L'ONU basée à Genève.

  Pas moins de 12 000 engins sont prévus pour 2025. Avec 200 guirlandes du type observé actuellement dans les cieux, nul doute que ce sera Noël tous les soirs ... Telle est la poésie du XXIème siècle : industrielle, polluante, tape à l'oeil, insolente et décomplexée. Inféodée au profit et non démocratique. A l'image de nos Etats et de leurs têtes de gondole, tels Macron, Trump et consorts.

  L'espace fut progressivement mais discrètement encombré de satellites divers, dont les nouveaux rejoignent sans cesse ceux hors d'usage, un trafic dense au milieu d'une déchetterie sauvage. En manque d'espace pour leurs projets, les multinationales vont saturer maintenant les basses altitudes, leur nouveau terrain de jeu. Ceci pour nos besoins vitaux essentiels, car ces satellites sont destinés, selon Space x, à « répondre à un besoin suscité par la croissance des nouveaux usages d'internet tels que les jeux vidéo en réseau et les appels en visioconférence ». On appréciera l'urgence – du moins selon la classe sociale internationale à laquelle on appartient, ado gamer occidental, petit manager ou crève-la-faim en zone aride ou bidonville.

  Un futur où vous pourrez faire découvrir le ciel à vos enfants en nommant les « constellations » commerciales : Starlink 1, 2 … Si jamais ils daignent relever leur casque de jeu en réalité virtuelle  pour s'aventurer sur le pas de la porte...

  Alors quoi? L'humain va-t-il se débarrasser de son humanité avant même sa probable disparition physique, tel un zombie errant au milieu de la guerre furieuse de l'argent avec la vie, préférant débrancher son cortex plutôt que livrer bataille? Une façon, peut-être, de partir de façon moins douloureuse, en inconscience ? Nous ne pouvons accepter cela. Isolés, nous ne pourrons rien. Ensemble, nous pourrions tout, à savoir récupérer le seul levier d'action efficace: le pouvoir.

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