L'union civile pour sortir de l'impasse politique.

  • Le 16/04/2020
  • Dans A chaud
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ELITES DISCREDITEES ET MIRAGES MEDIATIQUES DES RECUPERATEURS

  Face aux divers et pressants périls de nos sociétés, les faiblesses du système actuel et son incapacité à y répondre ne font plus aucun doute. Pourtant, les propositions de remplacement, d'où qu'elles émanent, ne semblent pas plus à la hauteur des enjeux et sont souvent le camouflage de mouvements préexistants - communautaires religieux et/ou xénophobes - ou de petits gourous opportunistes et de pseudo-nouveaux partis composés de vieux routards...

  Les Français, comme bien d'autres peuples, sont pour la plupart conscients des impasses actuelles. La capacité de la France à se gouverner a disparu au profit de L'Europe, et plus généralement au profit du capital industriel et financier. La porosité entre public et privé ne garantit plus l'intérêt général mais l'intérêt bien compris des dirigeants de sociétés et des occupants des hautes fonctions publiques, qui sont les mêmes personnes, à tour de rôle.

  La Vème république et son régime présidentiel sont critiqués de toutes parts. L'assemblée nationale, même en admettant qu'elle récupère du pouvoir, n'est pas non plus à même de représenter les français puisqu'elle vote le plus souvent en « blocs de partis ». Ainsi, la majorité l'emporte toujours à moins d'alliances, le plus souvent négociées avec contreparties.

LES PARTIS, VESTIGES DE L'ECHEC ET DE L'ILLUSION DEMOCRATIQUE

  Ce système de partis, s'il offre une formation politique et pratique à ses membres, constitue un frein supplémentaire et puissant à une démocratie authentique. Anthropophage de tout candidat à l'émancipation personnelle, intolérante à la moindre dissonance,il exerce sa pression sur les maires, les députés, et sur ses membres mêmes. Les rappels à l'ordre et les exclusions sont pratiqués par TOUS les partis sur l'ensemble du spectre politique - quel paradoxe pour un « mouvement citoyen » comme la France Insoumise !  - une tendance qui s'affirme jusque dans les micro-mouvements.

  Elle s'appuie sur une structure pyramidale et la distribution de récompenses/sanctions qui détermine les appuis, les promotions et les mises au placard. La mise en conformité totale des membres alimente en retour la force de structures dont la visée principale devient leur propre réussite, et celles des membres la conservation ou l'ascension.

  Ainsi, les composantes de la démocratie que sont les partis et mouvements se révèlent être elles-mêmes des exemples de systèmes autoritaires, statiques, basés sur l'obéissance, la conformité, l'hypocrisie et la compétition pour grimper dans la hiérarchie. Dès lors, comment s'étonner de l' absence de convictions authentiques, de parcours originaux dans le monde politique. Comment s'étonner que la recherche de l'intérêt général ne s'émousse pas au contact d'un monde qui ressemble étrangement au capitalisme, adoré ou abhorré dans le discours : celui de la réussite individuelle par la compétition, le calcul, le conformisme, et où les changements de parcours personnels ne sont permis que par la trahison ou l'opportunisme ?

  J'ai été le témoin direct des baronnies qui peuvent constituer le niveau provincial de ce fonctionnement. En Ariège, le Parti Socialiste exerce une féodalité qui rappelle plus le Moyen-Âge que celui des Lumières... Et que dire des dynasties familiales, à l'image des LePen , ou des cooptations de copinage?

  La corruption et le clientélisme offrent la touche finale à ce tableau digne de Jérôme Bosch...

Pour un nouveau départ, il faut de nouveaux visages, de nouvelles valeurs.

La démocratie devra s'offrir de nouveaux piliers si elle veut prétendre exister. Il suffira pour en définir les contours de s'appuyer sur une inversion des valeurs, afin de rétablir celles qui ont été précisément perverties par inversion. Et pour en choisir les visages, il faudra se fier aux faits et pas aux paroles. Un Rassemblement National dont les Juifs et les Français issus de l'immigration seraient exclus ? Un Parti Socialiste sans les classes laborieuses ? Une République en Marche pour ma pomme ? Des Républicains limités à la bourgeoisie chrétienne ? Des Ecologistes affublés du mot Europe et ne connaissent pas grand chose ou rien à la nature ? La France insoumise sauf à son chef ?

  Seules des personnes indemnes de carriérisme politique passé, de démêlés judiciaires, de provocations grossières ou injurieuses, non-prosélytes et pragmatiques peuvent faire l'affaire. Des personnes dont le parcours a été généreux et humble. On ne les a certainement jamais vu à la télévision, ils sont probablement peu nombreux, mais ce sont eux dont on a besoin aujourd'hui.

  La fin des partis classiques ou de circonstances, alimentés par les mêmes bobines, doit advenir avant la fin de partie. Incapables de créer une cohésion sociale et incapables pour la plupart d'emporter une élection présidentielle, inefficaces lorsqu'ils sont élus au parlement, ils ne servent qu'à alimenter un spectacle dont les citoyens ne sont plus seulement las, mais dégoûtés et indignés. Pas plus les hommes providentiels, ni les xénophobes, les anti-ceci ou cela, les idéologues de tous crins ne pourront nous guider, sinon vers leurs solutions communautaires ou dogmatiques clés en main. Ils sont la garantie de perdre par division ou de régner par la domination des uns sur les autres. Nous ne pouvons plus nous permettre ou accepter ni l'un ni l'autre.

 

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