Comment servir les gilets jaunes? (2)

  • Le 28/03/2020
  • Dans A chaud
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Le mythe du groupe sans chef.

Les gilets jaunes sont confrontés à un paradoxe inévitable. Mouvement se déclarant sans leader(s), plusieurs leader(s) apparaissent de fait.

Médiatisés, prenant la parole publiquement et assumant des responsabilités stratégiques ou logistiques, ces têtes de mouvement se retrouvent, par calcul ou malgré eux, dans une position bien ambigüe et ne sont pas forcément d'accord.

Il y a peut-être ici la démonstration par la pratique qu'une organisation collective, n'en déplaise aux anarchistes, se passe difficilement de représentants ou cède la place à la hiérachie naturelle des plus forts en gueule et en pouvoir de persuasion.

Sans ligne claire définie avec le consentement de la base, les écueils sont nombreux : possibilité de détournement par des infiltrés (évoquée dans l'interview pré-citée), cacophonie et inaudibilité, dispersion des forces, manque de revendications précises...

Tout l'enjeu du mouvement consiste alors à se structurer tout en préservant la diversité qui fait sa force et son nombre. Les règles basiques de la démocratie y semblent adaptées : décisions collectives validées par un système de vote, élection de porte-paroles, dirigeants et administrateurs.

L'identité : Qu'est-ce qui fait la qualité de membre ?

La présence de xénophobes patentés constitue un parasitage insupportable qui constituera à coup sûr, tôt ou tard, un point faible. Si la question de la politique migratoire de la France, et de l'Europe en général, ne doit pas être laissée en jachère ou à la discrétion du RN, le critère de race ou de religion ne saurait être toléré dans un espace républicain.

Les revendications.

Le formidable appel à un changement radical de société de ce mouvement citoyen est parvenu aux oreilles de nombreux intellectuels bienveillants. Economistes, journalistes, politiciens, scientifiques, philosophes, accompagnent et défendent les gilets jaunes, matraqués, méprisés et insultés par une classe dominante qui a pour elle les grands médias et les forces de l'ordre.

Reste à énoncer des mesures concrètes et un futur souhaitable atteignable, afin de dépasser les schémas traditionnels de contestation et de dénonciation en y ajoutant la proposition et la construction.

Des initiatives se font jour ainsi que des prises de position. Tant mieux. Résister ne saurait suffire; une société a besoin d'un horizon, d'une stratégie : un programme, en somme !

 

 

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