A chaud

A chaud triture l'actualité pour essayer d'en identifier les composantes et d'en distinguer les prometteuses des nuisibles.

  • L'argent qui manque manque-t-il vraiment?

     

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            Mais où donc sont passés les milliards ? Je croyais pourtant les avoir mis dans la caisse de l'Etat...

      LA dette. Ronflante et aggravée d'année en année, la « dette » est l'argument fatal contre toute dépense sociale et en faveur de toute politique d'austérité.

      Un peu plus de 100 milliards d'euros, c'est le déficit public annuel désormais habituel. Il est clair que n'importe quelle entreprise classique (hors multinationales), un tel résultat verrait son dirigeant suspendu à la porte d'entrée de la boîte, avec goudron et plumes !

      Pourtant, tout va bien, nous avons du patrimoine en réserve pour équilibrer le bilan.

      Mais un patrimoine qui, hélas, fond lui aussi comme neige au soleil. Autoroutes, gaz, électricité « verte », banques, industries, aéroports (…), ça y va allegro et crescendo depuis les années 80.

      Cette année, c'est la Française des Jeux (c'est fait), trop rentable sans doute, et les aéroports de Paris (en cours) qui sont liquidés. Et Brigitte « Jupiter » veut vendre une partie du mobilier d'Etat, trop vieillot à son goût, pour aider l'hôpital public !!! Bien entendu, elle le remplacera illico par les créations design de ses copains. A quel prix ?

      Pendant ce temps, les salaires et l'épargne classique stagnent (ou augmentent moins vite que l'inflation) tandis que les prix grimpent partout, et plutôt fort dans l'immobilier, locations comprises.

      Enfin, les salaires peut-être, mais pas tous les revenus : les 10 premières fortunes françaises, vitrines de la France des sommets (genre Avoriaz, pas les sommets pour le climat), semblent, elles, garder une distance confortable avec la hausse des prix.

      Grâce au magazine Challenges, où nos amis décomplexés fanfaronnent, j'ai pu établir ce petit tableau de l'évolution du patrimoine de ces français qui se lèvent tôt et vous expliquent la vie dans les médias (la plupart leur appartenant, ce sont des littératures à mi-chemin entre journal intime et page Facebook, nda).

    Les chiffres sont en milliards d'euros, bien sûr.

    2007

    2012

    2017

    2019

    Famille Arnault

    24

    23

    47

    88

    Famille Wertheimer

    4

    6

    21

    50

    Famille Bettencourt-Meyers

    16

    15

    36

    46

    Famille Hermès

    8

    17

    32

    43

    Famille Mulliez

    17

    18

    30

    32

    Famille Pinault

    10

    7

    19

    29

    Famille Dassault

    7

    10

    21

    23

    Famille Castel

    3

    6

    11

    14

    Famille Besnier

    3

    5

    8

    12

    Patrick Drahi

    NC

    1

    15

    9

    TOTAL

    92

    108

    250

    346

    Hausse en %

    17,40%

    131,48%

    38,40%

    Hausse totale en %

    276,00%

      J'ai volontairement choisi les dates de début et fin des quinquennats associé(e)s à ces belles performances.

      On voit que sous Sarkozy (2007-2012, R.I.P.), ces familles unies ont bien résisté à la méga-crise de 2008 avec un patrimoine en hausse de 17,4%.                                                                                                                                                                                                             Quand au président, sa courtisane et ses copains, ils ont passé du bon temps, merci.                                                                                       Tout le monde ne peut pas en dire autant...

      Avec Hollande (2012-2017, R.I.P.), le pourfendeur de la finance, nos champions ne pouvaient espérer meilleur ennemi : + 131,48% !!! Une performance qui se fête, on en redemande !

      Avec Macron, ni gauche ni droite, mais plutôt « allez les riches ! », c'est à nouveau un choix gagnant et personne ne regrette le financement de sa campagne : + 38,4% en deux ans, le quinquennat a bien débuté. Bien sûr, la crise financière majeure qui se déroule en ce moment même risque de freiner ces résultats encourageants. Mais gageons que l'argent public viendra bien vite « au secours de TOUTES les entreprises, quelle qu'en soit la taille », et « coûte que coûte », comme nous en a assuré notre chef de l 'état pitoyable des choses. Pas question qu'ils participent de leurs économies, acquises patiemment et à la sueur de leur talent.

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