Les chroniques du futur proche

Les chroniques du futur proche proposent un divertissement prospectif (initié dans le journal FAKIR par Valéry Chartier) destiné à manipuler ce réel prétendument "immuable" comme un vulgaire rubiscube, c'est à dire oser, tenter, renverser, créer dans la joie !

Depuis ce mois de mai, cette prospective s'accorde le droit de verser dans d'autres genres, plus noirs ou plus poétiques, avec pour texte inaugural "Sur la route".

  • Le printemps de monsieur Macron

    Macron regarde le programme

    E. Macron lors de l'inauguration du nouveau service public multi-décentralisé de télévision ce 2 mai 2022 à Grenoble.

    Emmanuel Macron n'en revient toujours pas."J'avais bien acté, nous confie-t-il, que le monde avait basculé en mars 2020. Mais comment imaginer un tel changement? Je suis stupéfait et ravi." Il est vrai que "Manu", comme l'interpellent aujourd'hui ses concitoyens dans les rues grenobloises, a  vécu un bouleversement psychologique qui l'a presque laissé K.O lors de sa défaite en 2022 face à la Liste Citoyenne collégiale. Sans sa prise en charge par un collectif de babas cools du Gard, qui l'ont accueilli, entouré d'affection, nourri de bon fromage de chêvre bio non labellisé, il aurait probablement sombré dans une ces affreuses cliniques psychiatriques de la pré-époque, aujourd'hui démantelées.

    "Toute cette créativité m'enthousiasme. Le conseil citoyen de la culture et de l'éducation fait vraiment du bon boulot et les fonctionnaires se la donnent à fond, dans les bureaux comme sur le terrain. Quand je repense aujourd'hui aux âneries que nous pouvions diffuser avant, j'hésite entre rire et pleurer, mais finalement je me marre surtout!"

    Aujourd'hui, Emmanuel partage sa vie entre un stage à mi-temps de réinsertion dans la réalité, et de nouvelles passions. "Je prends le temps de redécouvrir, de regarder les choses. Le jardin et la méditation me transforment. J'ai l'impression de, petit à petit, redevenir, simplement, un être humain."

    Le futur? Il ne l'envisage pas vraiment et se dit "comblé par le présent, l'être au monde, ici et maintenant". De saines pensées que devraient méditer certains de ses collègues de stage, encore au stade du sevrage spéculatif avec séances quotidiennes de monopoly et injections d'un substitut d'adrénaline. D'anciens élus peinent également à s'en sortir. C'est le cas de "Fanfan", ancien président, qui s'enfonce dans un préoccupant déni. "Quand je disais que   " mon adversaire, c'est la finance", je faisais référence à mes relations personnelles avec mon banquier..." répète-t-il en boucle en tripotant fébrilement son doudou. Des cas qui inquiètent leurs accompagnateurs: " Ils sont pénibles...", analysent-ils.

    On leur souhaite bien du courage sur le front difficile de la reconstruction mentale du pays.

    De notre resté sur place: Edgar Dumoulin.