Le Blog

Le Blog brasse et distille. Telle est la quête à tâtons des alchimistes en quête de leur pierre philosophale: tenter de nettoyer leur propre pensée et transmuter un système idiot et destructeur en un nouveau cadre dédié à la vitalité et la beauté !

A chaud triturera l'actualité pour essayer d'en identifier les composantes et de les trier.

Ils ont dit compilera des textes inspirants pour trouver méthodes et matières à apporter au fourneau.

Les chroniques du futur proche proposeront un divertissement prospectif (initié dans le journal FAKIR par Valéry Chartier) destiné à manipuler ce réel prétendument "immuable" comme un vulgaire rubiscube, c'est à dire oser, tenter, renverser, créer dans la joie !

  • Le revenu universel est-il une bonne idée ?

    Distrib

    IL faut commencer par le dire : parler d'universel pour des choses qui concernent notre bas-monde est non seulement inexact mais ridicule et prétentieux.

    Sauf à toucher son revenu sur Mars ou lors d'un séjour prolongé dans Betelgeuse, bien entendu.

    Et bien qu'Elon Musk semble déterminé à conquérir l'espace, il faudra nécessairement attendre qu'il ait installé des guichets automatiques dans l'ensemble de l'univers pour appliquer sérieusement cette mesure.

    D'ici là, je devrais certainement ajouter des © après chaque mot dans mes textes et vous l'avez compris, je préférerais encore la mort à cet état des choses.

    Bref.

    Revenons-en à la question : que m'inspire le revenu de base, citoyen ou ce que vous voudrez ?

    Rien de bon, pour être sincère.

    La liberté et la sécurité humaine seraient pour moi largement et conjointement mieux assurées par la possibilité de l'activité et de l'accès aux ressources. Je trouve assez terrifiant qu'un type puisse acheter une source capable d'étancher la soif quotidienne de millions de personnes. Je trouve calamiteux que la terre elle-même soit devenue un bien soumis aux lois du marché et de ses fluctuations capricieuses. Je trouve indécent qu'on démonte ou que l'on rase des cabanes et des yourtes de jeunes ou moins jeunes qui expérimentent un mode de vie ultra-économe. Pendant qu'on organise des COP à tour de bras et que l'on signe des traités pour baisser nos émissions de carbone

    - qui en passant ne constituent ni plus ni moins qu'un enjeu vital pour l'humanité – on déloge de leurs propres terrains des gens qui font ce travail et dépassent allègrement les objectifs mesquins que les États ne parviennent même pas à atteindre.

    Plutôt qu'une expulsion avec gendarmes et bulldozers, ils mériteraient une médaille, des études sur leurs trouvailles et un accompagnement digne de ce nom. Qu'on encadre ces installations pour éviter les pollutions graves ou limiter les risques d' incendies - bien qu'on tolère un barbecue de chasseurs ou un feu de branches de forestier, donc mollo les amis - qu'on demande une participation aux impôts locaux, c'est tout à fait légitime. Qu'on considère que le raccord à EDF ou l'eau soit indispensable, c'est un comble. Qu'on préfère des toilettes à l'eau potable qui se déversent dans des filtres à sable géants plutôt qu'un bon vieux compost de toilettes sèches, une aberration. Et que l'accès des secours ne soit pas garanti les concerne : ils peuvent très bien signer une décharge.

    L'argent n'est pas le moyen unique de pourvoir à ses besoins élémentaires : un logement, de la nourriture ou les moyens d'en produire, de l'air et de l'eau propres, un environnement naturel et humain riches en opportunités : de la cueillette à l'emploi chez un voisin, du ramassage ou coupe de bois de chauffage à l'emploi saisonnier de cuisinier de l'école, du marché voisin au café associatif et ses spectacles, du centre de formation de la ville voisine à la bibliothèque de village, nous avons besoin d'activité, d'emplois variés et nombreux et de ressources naturelles, éducatives et culturelles. Pas de la mendicité pour habiter des clapiers de béton, remplir de croix des formulaires et un caddie de cochonneries.

    Bref, de vivre plutôt que consommer, de produire du bon et du bien plutôt que du mortifère destiné à enrichir une poignée de demi-diables.

    L'argent n'a pas forcément à disparaître, mais on l'aimerait plus discret.

    Il est, de surcroît, dans un monde où tout est privé, payant, ou presque, un facteur d'inégalités et surtout, de DÉPENDANCE.

    Le RSA en était une préfiguration, avec son réservoir de main d'œuvre contrôlée, fichée, disponible et bonne à boucher tous les trous de l'industrie, radiée par erreur ou par châtiment pour non-docilité. Avec un revenu de base, ce serait pareil en pire. Le jour où nos élites auraient placé tous leurs robots où cela est possible, on pourrait vous maintenir dans cette disponibilité d'esclave occasionnel, s'assurer votre obéissance et vous couper les vivres d'un simple clic. Vous pourriez toujours tenter une « réclamation » ; un automate vous répondrait alors de taper 1 ou 2, lesquels choix ne serviraient à rien dans votre situation: « Désolé je n'ai pas compris votre choix, vous êtes viré ! »

    Bref.

    Et si vous n'êtes pas convaincus, posez-vous cette simple question : si de faux écologistes d'appareil, des « socialistes » ou encore le gouvernement espagnol trouvent ça judicieux, est-ce le signe que c'est bénéfique pour vous ou pour le « système » ?

    Démocrate, le 17/06/2020, planète Terre